La nouvelle frontière invisible : comment les règles européennes sur les emballages menacent les créateurs indépendants

The Silent Border How New EU Packaging Rules Could Shut Out Independent Creators

Dans sa volonté de réduire les déchets, Bruxelles a peut-être construit sans le vouloir un mur administratif redoutable. Depuis le 12 août 2026, le marché unique est confronté à un paradoxe : un objectif environnemental harmonisé appliqué à travers des systèmes nationaux de conformité qui risquent de rendre économiquement irrationnelles les ventes transfrontalières occasionnelles des plus petites entreprises européennes.

Article mis à jour le 13 août 2026.

NOTE DE LA RÉDACTION

Cet article concerne le règlement (UE) 2025/40 relatif aux emballages et aux déchets d’emballages, connu sous l’acronyme PPWR. Le règlement est complexe et sa mise en œuvre nationale continue d’évoluer. Une proposition de la Commission visant à suspendre l’obligation de mandataire pour certains producteurs établis dans l’Union demeure formellement pendante devant le Parlement européen, mais le Conseil a interrompu le 24 juin 2026 ses négociations sur les propositions de suspension liées à la REP et aucune suspension n’est actuellement en vigueur. Cet article constitue une ressource d’information pratique et ne saurait être considéré comme un conseil juridique. Nous le mettrons à jour à mesure que les orientations nationales et la situation législative évolueront.

1. AMBITION VERTE, PAPERASSE MORTIFÈRE : LA FRAGMENTATION DU MARCHÉ UNIQUE

Le règlement européen sur les emballages et les déchets d’emballages (PPWR) vise à réduire l’accumulation des déchets en Europe. Un paradoxe apparaît pourtant : les objectifs environnementaux sont européens, tandis que leur mise en œuvre reste enfermée dans des systèmes administratifs nationaux. Une réforme destinée à unifier le marché unique risque ainsi de le fragmenter davantage.

Le point de friction structurel réside dans la responsabilité élargie du producteur (REP, ou EPR en anglais). Les vendeurs transfrontaliers qui répondent à la définition de « producteur » de l’article 3, paragraphe 1, point 15, c) ou d) peuvent être confrontés à des procédures distinctes d’enregistrement et de conformité dans chaque État membre de destination concerné. En vertu de l’article 45, paragraphe 3, ils doivent également désigner un mandataire chargé de la REP dans chacun de ces États membres, autre que celui dans lequel ils sont établis. Pour une multinationale, il s’agit d’une fonction de conformité gérable ; pour un créateur indépendant qui expédie de faibles volumes, cela peut devenir un véritable mur administratif.

Le décalage est fondamental : le principe du pollueur-payeur perd sa proportionnalité lorsque les coûts fixes de conformité, notamment le recours à des représentants établis à l’étranger, dépassent la valeur de la vente elle-même. Des décennies d’intégration européenne ont supprimé les frontières physiques, mais le PPWR risque d’en recréer sous une autre forme, en remplaçant le douanier par un représentant de conformité. Si la gestion des déchets constitue un défi européen commun, la solution ne peut pas être d’étouffer le micro-commerce par la duplication de procédures nationales.

2. LE COÛT DE LA CRÉATIVITÉ : LE GUIDE DES FRONTIÈRES ADMINISTRATIVES POUR LES ARTISTES

Prenons le cas d’un illustrateur parisien qui vend une estampe à 35 € à un collectionneur de Bruxelles. En ligne, la transaction est instantanée. Physiquement, l’œuvre voyage dans une simple enveloppe en carton. Juridiquement, en revanche, le PPWR déplace le poids de la réglementation du contenu créatif vers l’emballage qui le protège.

Les orientations publiées par la Commission en 2026 précisent qu’une offre en ligne constitue une « mise à disposition » d’un produit dans l’État membre de l’utilisateur final. Le fait générateur juridique ne dépend donc pas d’un passage en douane traditionnel, mais du rôle du vendeur lorsqu’il met un emballage sur un marché national déterminé. Cette distinction peut faire entrer même de très petits créateurs indépendants dans le système de REP du pays de leur client et, lorsque les ventes concernent plusieurs destinations, créer plusieurs relations nationales de conformité.

La définition du « producteur » retenue par le règlement peut englober un opérateur établi dans un État membre qui met pour la première fois un produit emballé directement à la disposition d’un utilisateur final dans un autre État membre, dès lors qu’il remplit les conditions prévues à l’article 3, paragraphe 1, point 15. Les orientations officielles confirment également que la petite taille de l’entreprise ne supprime pas cette analyse. Quelques ventes dispersées en Europe peuvent donc suffire à créer plusieurs relations nationales distinctes de conformité.

Dans notre exemple bruxellois, l’artiste français peut ainsi devenir un « producteur » aux fins de la REP belge. Malgré la faible valeur de la transaction, il peut alors relever du système belge de REP, avec des obligations d’enregistrement, de déclaration, de contribution financière et, dans la rédaction actuelle de l’article 45, paragraphe 3, de désignation d’un mandataire REP établi localement.

L’écart de proportionnalité s’élargit à mesure que la portée de l’artiste augmente. Une vente en Belgique, une autre en Allemagne, une en Espagne et une en Autriche peuvent signifier quatre environnements administratifs différents. Or le marché de l’art indépendant repose précisément sur ces transactions dispersées et occasionnelles. Lorsque des coûts administratifs fixes rencontrent une activité créative de petite échelle, le cadre réglementaire risque de rendre le commerce artistique transfrontalier économiquement non viable.

3. LES CIBLES INVOLONTAIRES : POURQUOI LES CRÉATEURS SONT EXPOSÉS

Le règlement (UE) 2025/40 n’est plus une perspective législative lointaine. Le PPWR s’applique de manière générale depuis le 12 août 2026, mettant en pratique son nouveau cadre sur les emballages, même si certaines obligations particulières obéissent à leurs propres calendriers.

Le PPWR ne prévoit pas d’exemption particulière au seul motif qu’un vendeur est un artiste indépendant, un atelier ou une très petite entreprise. Selon la chaîne d’approvisionnement et les conditions de l’article 3, paragraphe 1, point 15, un créateur qui fournit commercialement des produits physiques emballés au-delà des frontières peut être considéré comme le « producteur » au titre de la REP dans l’État membre de destination.

Peintres, céramistes, photographes ou designers indépendants peuvent donc être concernés. Les ventes purement numériques ne mettent aucun emballage physique sur un autre marché national, tandis que les envois réellement privés et non commerciaux ne relèvent pas de la notion commerciale de « mise à disposition ». Les ventes commerciales directes à un utilisateur final situé dans un autre État membre sont particulièrement importantes, car les orientations de la Commission considèrent l’offre en ligne comme une mise à disposition dans l’État membre de l’utilisateur final. Les très faibles volumes ne créent pas d’exemption générale, même si les obligations déclaratives et les contributions environnementales peuvent varier selon les volumes et les dispositifs nationaux.

Pour les artistes et vendeurs indépendants, quatre notions structurent le nouveau paysage. Le « producteur » est l’opérateur qui, selon les situations définies à l’article 3, paragraphe 1, point 15, est considéré comme mettant pour la première fois un emballage ou un produit emballé à disposition sur un marché national. La responsabilité élargie du producteur (REP) impose à ce producteur de contribuer aux coûts de gestion des déchets. Surtout, l’article 45, paragraphe 3, oblige les producteurs transfrontaliers visés à l’article 3, paragraphe 1, point 15, c) ou d), à désigner un mandataire chargé de la REP dans chaque État membre de destination concerné autre que celui où ils sont établis. L’article 44 prévoit bien un jeu de données déclaratives simplifié pour ceux qui restent sous le seuil de 10 tonnes, mais il s’agit d’un allègement procédural, pas d’une exemption des obligations d’enregistrement ou de représentation. La mise en œuvre reste morcelée : le règlement est européen, mais les parcours pratiques de conformité varient fortement d’une capitale à l’autre.

4. AUTOPSIE DE LA MACHINE DE CONFORMITÉ

Le mécanisme est logique sur le papier, mais lourd dans la pratique. Un créateur qui fournit directement une œuvre emballée à un utilisateur final situé dans un autre État membre peut devenir le producteur REP dans cet État membre lorsque la définition correspondante est remplie. En vertu de l’article 45, paragraphe 3, ce producteur doit désigner un mandataire chargé de la REP dans l’État membre de destination concerné. Ce mandataire n’est ni un agent artistique ni un distributeur : il s’agit d’une personne physique ou morale établie localement et mandatée pour remplir, au nom du producteur, les obligations relevant de la REP.

Du point de vue du contrôle, cette architecture garantit qu’un interlocuteur puisse être tenu responsable. Du point de vue d’une micro-entreprise, elle crée un décalage économique. La contribution environnementale elle-même peut être faible ; le véritable coût réside dans les démarches d’enregistrement, de déclaration et dans le recours à des représentants locaux. Appliqués à des ventes occasionnelles et de faible volume, ces coûts fixes peuvent élever la barrière à l’entrée au-delà même de la marge réalisée sur la vente.

5. LA CRISE DE LA PROPORTIONNALITÉ

Les marchés contemporains de l’art indépendant fonctionnent grâce à la fluidité, et non à des silos régionaux. Un photographe peut toucher, par les réseaux sociaux, des collectionneurs dans quatre pays différents sans avoir jamais cherché à y constituer un réseau de distribution permanent.

Lorsque des coûts administratifs fixes sont imposés à ce modèle commercial « dispersé », le résultat est prévisible : le marché se referme. Si le coût de la conformité aux Pays-Bas ou en Espagne dépasse le bénéfice d’une vente unique, le créateur n’a plus qu’un choix économiquement rationnel : cesser d’y expédier ses œuvres. Une réglementation conçue pour gérer les déchets risque alors de recréer des frontières administratives au sein même du marché unique.

6. LE PARADOXE EUROPÉEN : UN MARCHÉ, VINGT-SEPT SYSTÈMES

L’article 26 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne consacre l’idée d’un marché sans frontières intérieures. Pourtant, l’architecture de la REP crée une friction qui évoque étrangement l’époque antérieure au marché unique.

L’ironie est d’autant plus forte que l’étude d’impact de la Commission de 2022 justifiait explicitement une action européenne par la nécessité de mettre fin au chaos de 27 règles nationales divergentes. Or, en imposant une conformité pays par pays, le règlement final oblige les petits vendeurs à naviguer précisément dans le paysage fragmenté qu’il devait contribuer à abolir. La question n’est pas l’ambition environnementale, qui demeure légitime, mais la proportionnalité du mécanisme d’exécution pour les plus petits acteurs économiques européens.

7. LE PARCOURS LÉGISLATIF

Le parcours du PPWR, de la proposition au règlement, a été long. Présenté par la Commission en novembre 2022, le texte a été débattu, amendé et négocié tout au long de 2023 et 2024. Le Parlement européen l’a approuvé en avril 2024, puis le Conseil en décembre 2024.

Les débats se sont principalement concentrés sur les objectifs les plus visibles : réduction des déchets et amélioration de la recyclabilité. La mécanique technique de la REP transfrontalière, ce « mur administratif », est largement restée hors du radar. La question aujourd’hui n’est pas de savoir si le processus démocratique a échoué, mais si l’attention portée aux indicateurs environnementaux a occulté la réalité opérationnelle des plus petites entreprises européennes.

Qui a approuvé le PPWR
Qui a approuvé le PPWR (infographie en anglais)

8. QUI L’A PROPOSÉ, NÉGOCIÉ ET APPROUVÉ ?

La responsabilité démocratique appartient aux institutions. La Commission européenne, sous le portefeuille de l’environnement alors confié au commissaire Virginijus Sinkevičius, a présenté la proposition. Le Parlement européen, à travers sa commission ENVI et sa rapporteure Frédérique Ries, a conduit les négociations et réuni une large coalition de soutien entre plusieurs familles politiques, notamment le PPE, les S&D et Renew Europe.

Les États membres, réunis au sein du Conseil, ont ensuite finalisé l’adoption avec un soutien massif. Le règlement n’est donc pas l’imposition d’un « Bruxelles » abstrait, mais une politique adoptée à une large majorité et soutenue par la plupart des gouvernements nationaux. La responsabilité de corriger ses conséquences involontaires est désormais partagée par les mêmes institutions qui l’ont adopté.

9. UN CONTINENT DIVISÉ : ÉTAT DES LIEUX

Le cadre juridique est européen, mais le parcours pratique de conformité demeure national. Au 13 août 2026, le portail de mise en œuvre de la Commission recensait toujours 14 États membres ayant notifié une ou plusieurs autorités compétentes au titre de l’article 40, paragraphe 3. Cette asymétrie entretient un brouillard réglementaire : dans certains pays, des systèmes de REP déjà bien établis offrent des procédures relativement lisibles, tandis que dans d’autres les informations disponibles restent plus difficiles à identifier. L’absence d’une autorité sur la liste de la Commission ne vaut pas exemption, mais l’inégale visibilité des procédures nationales illustre la difficulté du système pour les micro-entreprises.

État de la mise en œuvre pays par pays
Situation vérifiée le 13 août 2026

Important : « Non listé » signifie uniquement qu’aucune autorité compétente PPWR n’apparaissait sur le portail de mise en œuvre de la Commission européenne au moment de notre vérification. Cela ne signifie ni que les obligations nationales de REP sur les emballages n’existent pas dans cet État membre, ni qu’une exemption au PPWR s’applique.

Cliquez sur un pays pour afficher son statut de notification à la Commission et une note pratique pour les vendeurs transfrontaliers.

Autriche Notifié

Autorité : Federal Minister of Agriculture and Forestry, Climate and Environmental Protection, Regions and Water Management.

Note pratique : Vérifiez auprès de l’autorité notifiée la procédure autrichienne d’enregistrement, de déclaration et de désignation d’un mandataire pour les ventes à distance.

Belgique Notifié

Autorité : Commission interrégionale de l’Emballage (CIE).

Note pratique : La Belgique dispose déjà d’un système développé de REP pour les emballages. Vérifiez directement auprès de l’autorité compétente ou d’un organisme agréé les obligations d’enregistrement, de déclaration, de contribution et de représentation.

Bulgarie Non listé

Aucune autorité compétente PPWR n’était listée par la Commission lors de notre vérification. Il ne s’agit pas d’une exemption : utilisez les autorités nationales existantes en matière d’emballages et de REP et demandez les orientations PPWR à jour.

Source nationale officielle : Ministère de l’Environnement et de l’Eau – déchets d’emballages.

Croatie Notifié

Autorité : Ministry of Environmental Protection and Green Transition.

Note pratique : Vérifiez auprès du ministère notifié les obligations d’enregistrement, de déclaration, de contribution REP et de représentation.

Chypre Non listé

Aucune autorité compétente PPWR n’était listée par la Commission lors de notre vérification. Il ne s’agit pas d’une exemption : consultez les autorités nationales existantes en matière d’emballages et de REP.

Source nationale officielle : Department of Environment – Extended Producer Responsibility.

Tchéquie Notifié

Autorité : Ministry of the Environment of the Czech Republic.

Note pratique : Vérifiez auprès du ministère notifié les obligations nationales d’enregistrement, de déclaration et de désignation d’un mandataire.

Danemark Notifié

Autorité : Danish Environmental Protection Agency.

Note pratique : Vérifiez auprès de l’agence les obligations applicables d’enregistrement, de déclaration et de représentation.

Estonie Notifié

Autorités : Ministry of Climate, Environmental Board et Environmental Agency.

Note pratique : Les compétences de mise en œuvre, de surveillance du marché et de déclaration sont réparties entre plusieurs autorités ; identifiez le bon interlocuteur avant toute expédition.

Finlande Non listé

Aucune autorité compétente PPWR n’était listée par la Commission lors de notre vérification. Cela ne constitue pas une exemption.

Source nationale officielle : Suomi.fi – responsabilité du producteur dans la gestion des déchets.

France Notifié

Autorité : Direction générale de la prévention des risques (DGPR) / ministère de la Transition écologique.

Note pratique : Vérifiez auprès des sources officielles la procédure opérationnelle française de REP et les exigences applicables aux filières concernées.

Allemagne Notifié

Autorités compétentes : le portail de mise en œuvre de la Commission européenne renvoie désormais à une liste de plusieurs autorités nationales allemandes plutôt qu’à une autorité PPWR unique. Pour la REP des emballages et le registre LUCID, la référence opérationnelle reste la Zentrale Stelle Verpackungsregister (ZSVR).

Note pratique : la ZSVR confirme que, depuis le 12 août 2026, une entreprise établie à l’étranger, sans succursale en Allemagne, qui vend directement des emballages vides ou des produits emballés à des utilisateurs finaux en Allemagne doit désigner un mandataire. Celui-ci assume les obligations du producteur relevant de la REP, à l’exception de l’inscription au registre LUCID, qui demeure une obligation personnelle du producteur.

Grèce Non listé

Aucune autorité compétente PPWR n’était listée par la Commission lors de notre vérification. Cela ne constitue pas une exemption.

Source nationale officielle : Ministère de l’Environnement et de l’Énergie – recyclage et responsabilité du producteur.

Hongrie Non listé

Aucune autorité compétente PPWR n’était listée par la Commission lors de notre vérification. Cela ne constitue pas une exemption.

Autorité nationale officielle : Pest County Government Office – Environmental Protection, Nature Conservation and Waste Management Department.

Irlande Notifié

Autorités : Minister for Climate, Energy and the Environment, Environmental Protection Agency et autorités locales.

Note pratique : La Commission attribue notamment au ministre des fonctions de mise en œuvre et de contrôle concernant les articles 44 et 45.

Italie Non listé

Aucune autorité compétente PPWR n’était listée par la Commission lors de notre vérification. L’Italie dispose néanmoins d’un cadre national établi de REP pour les emballages. L’absence de la liste de la Commission ne vaut pas exemption.

Source nationale officielle : Ministère de l’Environnement et de la Sécurité énergétique (MASE). Le système national des emballages s’appuie également sur CONAI, consortium privé à but non lucratif institué par la loi.

Lettonie Non listé

Aucune autorité compétente PPWR n’était listée par la Commission lors de notre vérification. Cela ne constitue pas une exemption.

Source nationale officielle : State Environmental Service – Extended Producer Responsibility.

Lituanie Notifié

Autorités : Environmental Protection Agency, Environmental Protection Department et Ministry of Environment.

Note pratique : Plusieurs autorités sont listées, dont un point de contact temporaire pour certains aspects de la mise en œuvre. Identifiez la procédure correcte d’enregistrement et de déclaration.

Luxembourg Provisoire

Autorité : Administration de l’environnement.

Note pratique : La Commission indique explicitement que cette désignation est provisoire dans l’attente d’une loi nationale mettant en œuvre le PPWR. Vérifiez les mises à jour avant de vous appuyer sur la procédure actuelle.

Malte Non listé

Aucune autorité compétente PPWR n’était listée par la Commission lors de notre vérification. Cela ne constitue pas une exemption.

Source nationale officielle : Environment and Resources Authority – enregistrement des producteurs d’emballages.

Pays-Bas Notifié

Autorités : Human Environment and Transport Inspectorate (ILT) et Rijkswaterstaat.

Note pratique : Vérifiez auprès des organismes compétents la procédure d’enregistrement, de déclaration, de REP et de représentation.

Pologne Non listé

Aucune autorité compétente PPWR n’était listée par la Commission lors de notre vérification. Cela ne constitue pas une exemption.

Registre national officiel : Ministère du Climat et de l’Environnement – registre BDO.

Portugal Non listé

Aucune autorité compétente PPWR n’était listée par la Commission lors de notre vérification. Cela ne constitue pas une exemption.

Source nationale officielle : Agence portugaise de l’environnement (APA) – emballages et déchets d’emballages.

Roumanie Non listé

Aucune autorité compétente PPWR n’était listée par la Commission lors de notre vérification. Cela ne constitue pas une exemption.

Source nationale officielle : Ministère de l’Environnement – commission de surveillance des emballages.

Slovaquie Non listé

Aucune autorité compétente PPWR n’était listée par la Commission lors de notre vérification. Cela ne constitue pas une exemption.

Source nationale officielle : Ministère de l’Environnement – emballages.

Slovénie Notifié

Autorités : Ministry of the Environment, Climate and Energy ; Slovenian Environment Agency.

Note pratique : La Commission précise que l’enregistrement et les déclarations sont effectués auprès de l’Agence slovène de l’environnement.

Espagne Non listé

Aucune autorité compétente PPWR n’était indiquée pour l’Espagne sur le portail de mise en œuvre de la Commission au titre de l’article 40, paragraphe 3, lors de notre vérification du 13 août 2026. Cela ne constitue pas une exemption. L’Espagne dispose déjà du Registro de Productores de Producto (RPP). La note interprétative du MITECO du 27 juillet 2026 confirme l’obligation de désigner un représentant autorisé au titre de l’article 45, paragraphe 3, pour les ventes directes transfrontalières concernées.

Autorité / registre national officiel : MITECO – Registro de Productores de Producto, sección envases. La page officielle identifie la Subdirección General de Residuos comme autorité responsable du registre au titre de l’article 44. La liste publique des producteurs d’emballages enregistrés a été mise à jour le 31 juillet 2026. Le ministère développe également un service web permettant notamment aux plateformes en ligne de vérifier automatiquement les inscriptions.

Suède Notifié

Autorité : Agence suédoise de protection de l’environnement – orientations PPWR.

Note pratique : Vérifiez auprès de l’agence les obligations applicables d’enregistrement, de déclaration et de représentation.

Source : Commission européenne, portail de mise en œuvre du règlement sur les emballages et les déchets d’emballages, autorités nationales compétentes notifiées au titre de l’article 40, paragraphe 3.

10. QUE PEUVENT FAIRE LES CRÉATEURS ?

La première étape raisonnable consiste à cartographier les États membres dans lesquels des ventes physiques ont réellement lieu, puis à déterminer, pour chaque destination, si le créateur répond à la définition du producteur au titre de la REP. Les sources officielles des gouvernements, agences environnementales et institutions européennes doivent être privilégiées plutôt que de s’appuyer uniquement sur des prestataires commerciaux de conformité.

Lorsque la procédure nationale reste incertaine, les créateurs devraient demander une réponse écrite à l’autorité compétente et conserver des données simples sur les matériaux d’emballage, les poids, les quantités expédiées, ainsi que les éventuels enregistrements ou mandats. Il faut également vérifier les exigences propres aux plateformes de vente, car les places de marché peuvent appliquer leurs propres procédures de contrôle de conformité.

Enfin, il convient de distinguer les contributions environnementales prévues par les dispositifs publics du prix commercial facturé par un prestataire privé pour gérer l’enregistrement ou la représentation. Le devis d’un prestataire de conformité n’est pas, en lui-même, une taxe ou un tarif fixé par le règlement.

Comment une vente d’art transfrontalière déclenche des obligations de conformité
Comment une vente d’art transfrontalière déclenche des obligations de conformité (infographie en anglais)

11. QUELLES SONT LES ALTERNATIVES ?

Les solutions de contournement sont limitées, mais une modification de la chaîne d’approvisionnement peut changer l’opérateur qui porte la responsabilité au titre de la REP. L’impression locale, les prestataires logistiques, les galeries ou les distributeurs peuvent modifier l’identité de l’opérateur qui met pour la première fois le produit emballé à disposition dans l’État membre de destination, selon la structure contractuelle et commerciale retenue. Aucune de ces options ne supprime automatiquement les obligations de REP. L’objectif doit donc être d’organiser clairement la chaîne d’approvisionnement, plutôt que de reconstruire une activité autour d’une faille supposée.

12. PEUT-ON ENCORE AGIR ? OUI, CAR BRUXELLES A DÉJÀ IDENTIFIÉ LE PROBLÈME

La Commission européenne a explicitement reconnu le problème structurel. Sa proposition de décembre 2025 visant à suspendre l’obligation de mandataire pour certains producteurs établis dans l’Union évoque une charge administrative inutile, des coûts importants pour les PME et des obstacles involontaires au marché intérieur. La correction proposée n’a pas été adoptée. Le 24 juin 2026, le Conseil a interrompu les négociations sur les deux propositions de suspension liées à la REP en raison de fortes réserves exprimées par une vaste majorité d’États membres. La procédure 2025/0395(COD) demeure formellement pendante devant le Parlement européen, avec des amendements déposés le 1er juillet 2026 et une première lecture en séance plénière indiquée à titre indicatif pour le 5 octobre 2026. L’article 45, paragraphe 3, reste donc applicable et aucune suspension n’est actuellement en vigueur. La Commission reconnaît donc le problème, mais les institutions européennes ne se sont pas encore accordées sur la solution.

La réponse la plus immédiate est de rendre ce problème visible et d’en parler le plus largement possible. Il faut qu’il soit connu du grand public comme des responsables politiques. Les créateurs doivent solliciter les autorités nationales, contacter les députés européens et utiliser les plateformes collectives. Il ne s’agit pas seulement d’un désagrément administratif : la question est de savoir si l’Europe veut un marché unique qui facilite la création ou un système qui la restreint involontairement.

L’action collective est le levier le plus efficace. Qu’il s’agisse de la pétition lancée en 2022 pour protéger les micro-entreprises ou de la procédure officielle de pétition auprès du Parlement européen, le message doit rester cohérent : l’intention environnementale est légitime, mais le mécanisme actuel est disproportionné pour l’économie créative indépendante.

Pétition : Stop destroying EU micro-businesses: Immediate moratorium on cross-border EPR fees

Cette pétition demande un moratoire immédiat sur les obligations REP transfrontalières jugées disproportionnées pour les micro-entreprises, ainsi que l’instauration d’un seuil de minimis européen et d’un véritable guichet unique européen de conformité.

Ouvrir la pétition →

Pétition eBay Main Street : protéger les petites entreprises et leur accès au marché unique européen

Lancée pendant la refonte du cadre européen de responsabilité élargie du producteur, cette campagne d’eBay Main Street demande un guichet unique européen pour l’enregistrement et les déclarations REP, des exemptions et/ou une règle de minimis pour les micro-entreprises, ainsi qu’un cadre permettant aux places de marché d’aider les petits vendeurs à respecter leurs obligations REP.

Ouvrir la pétition eBay Main Street →

Pétition : protéger les vendeurs en ligne contre des obligations PPWR disproportionnées

Titre original : « Stoppt die EU-Verpackungsverordnung (PPWR) zum Schutz von Online-Händlern »

Cette pétition allemande demande de protéger les petits vendeurs en ligne contre les conséquences disproportionnées des nouvelles règles européennes sur les emballages.

Ouvrir la pétition →

Pétition : maintenir les micro-entreprises dans le marché unique européen

Titre original : « Klein- und Kleinstunternehmen nicht aus dem EU-Binnenmarkt verdrängen! »

Lancée en 2022, cette pétition demande notamment un seuil de minimis, une simplification des obligations de REP et une approche européenne centralisée inspirée du principe du guichet unique.

Ouvrir la pétition →

Voie officielle : saisir le Parlement européen par pétition

Les citoyens et résidents de l’Union européenne, ainsi que les organisations établies dans l’Union, peuvent adresser directement une pétition au Parlement européen par son portail officiel.

Portail des pétitions du Parlement européen →

13. CONCLUSION : PLUS D’EUROPE, MOINS DE PAPERASSE

Les objectifs du PPWR, qui visent à réduire les déchets d’emballages et à rendre leur gestion plus circulaire, sont légitimes. Le danger réside dans leur mise en œuvre. En fragmentant la conformité en 27 silos nationaux, le cadre actuel risque de marginaliser précisément les entrepreneurs qui contribuent à la richesse culturelle européenne.

La responsabilité environnementale n’a pas à signifier paralysie administrative. Un modèle proportionné, inspiré par exemple du guichet unique TVA, pourrait combiner un seul enregistrement européen avec un portail commun permettant la transmission des données et contributions nationales. Un véritable seuil de minimis pourrait supprimer ou simplifier radicalement les obligations pour des volumes transfrontaliers négligeables, tandis qu’une coopération administrative entre États membres pourrait remplacer l’obligation de représentants locaux pour les micro-entreprises européennes clairement identifiables.

Nous pouvons améliorer le mécanisme sans renoncer à l’objectif. En adoptant un véritable système européen harmonisé de conformité, l’Union pourrait démontrer qu’elle peut être à la fois ambitieuse sur le plan environnemental et intelligente sur le plan administratif. Le marché unique a été construit pour supprimer les frontières ; il ne devrait pas être l’endroit où nous les reconstruisons autour de l’enveloppe en carton d’un artiste.

Sources officielles et ressources complémentaires

Texte juridique principal. Règlement (UE) 2025/40 relatif aux emballages et aux déchets d’emballages (PPWR), notamment ses articles 44 et 45 sur l’enregistrement des producteurs et la responsabilité élargie du producteur.

Vue d’ensemble de la Commission européenne. Présentation du PPWR, ressources de mise en œuvre et calendrier.

Mise en œuvre et autorités nationales. Portail de mise en œuvre du PPWR de la Commission européenne, comprenant les autorités compétentes notifiées par les États membres.

Orientations de la Commission. Communication de la Commission C/2026/3702 : document d’orientation relatif au règlement (UE) 2025/40, publiée au JO C sous la référence C/2026/3084 le 10 juin 2026 (CELEX 52026XC03084).

FAQ de la Commission. Questions fréquentes sur le PPWR, publiées par la DG Environnement le 3 août 2026.

Proposition initiale de la Commission. COM(2022) 677, qui exposait les motifs d’une harmonisation européenne et de la réduction de la fragmentation du marché intérieur.

Étude d’impact. SWD(2022) 384, étude d’impact de la Commission accompagnant la proposition initiale.

Vote du Parlement européen. Parlement européen, 24 avril 2024. Le vote final a donné 476 voix pour, 129 contre et 24 abstentions.

Répartition du vote par groupes politiques. HowTheyVote.eu : vote sur les emballages et déchets d’emballages, compilation fondée sur les données de vote du Parlement européen utilisée pour l’infographie ci-dessus.

Adoption par le Conseil et vote. Adoption formelle par le Conseil, 16 décembre 2024, ainsi que le registre officiel du vote du Conseil : 25 États membres pour, aucun contre, l’Autriche et Malte s’étant abstenues.

Base juridique du marché unique. Article 26 TFUE et Article 34 TFUE.

Proposition de la Commission visant à suspendre l’obligation de mandataire. COM(2025) 982, proposant de suspendre l’article 45, paragraphe 3, jusqu’au 1er janvier 2035.

État actuel de la procédure législative. Observatoire législatif du Parlement européen, procédure 2025/0395(COD) : dossier toujours formellement pendant, indiqué comme « Awaiting committee decision » ; amendements déposés le 1er juillet 2026 et première lecture en séance plénière indiquée à titre indicatif pour le 5 octobre 2026. La déclaration du Conseil du 24 juin 2026 confirme l’interruption des négociations sur les deux propositions de suspension liées à la REP. Aucune suspension n’est actuellement en vigueur.

Espagne. MITECO – Registro de Productores de Producto, section emballages, avec la note interprétative du 27 juillet 2026 et la liste publique des producteurs mise à jour le 31 juillet 2026.

Allemagne. Zentrale Stelle Verpackungsregister (ZSVR) – orientations PPWR sur le mandataire.

Initiative professionnelle. eBay Main Street : protéger les petites entreprises et leur accès au marché unique européen, qui demande un guichet unique européen pour la REP, des exemptions et/ou une règle de minimis pour les micro-entreprises et un cadre permettant aux places de marché d’aider les vendeurs à respecter leurs obligations REP.

Initiatives citoyennes. Les trois pétitions Change.org mentionnées ci-dessus sont Stop destroying EU micro-businesses: Immediate moratorium on cross-border EPR fees, Protect online sellers from disproportionate PPWR obligations et Keep micro-businesses inside the EU Single Market. La voie officielle reste le portail des pétitions du Parlement européen.